Le pirate William Fly incarne à lui seul l’écho tumultueux des derniers jours de l’âge d’or de la piraterie au XVIIIe siècle. Son parcours, bien que bref, reflète la complexité d’un homme rebelle face à la justice implacable de l’époque. À travers l’histoire maritime qui entoure sa vie, ses actes audacieux et sa fin exemplaire, William Fly demeure un symbole poignant d’une époque où la mer et ses lois dictaient les destins de nombreux forbans. Son destin tragique, marqué par une mutinerie sanglante et une exécution publique à Boston, offre une plongée immersive dans l’univers des pirates et dans les tensions sociales et économiques qui façonnaient la vie des marins du début du XVIIIe siècle.
Au-delà du simple récit d’un pirate, son histoire permet de mieux comprendre les mécanismes du pouvoir et de la rébellion sur mer, ainsi que les stratégies de répression déployées par les autorités coloniales pour endiguer la piraterie croissante. Dans un contexte historique où les administrations cherchaient à restaurer l’ordre maritime, Fly symbolise la résistance ultime d’un équipage en quête de liberté et de revanche contre un système maritime rigide et souvent inéquitable. Sa vie tumultueuse, ses combats et son exécution publique fournissent une étude fascinante des dynamiques entre pirates et pouvoirs coloniaux au début du XVIIIe siècle.
Origines et parcours de William Fly, pirate rebelle du XVIIIe siècle
Né dans une Angleterre en pleine mutation au début du XVIIIe siècle, William Fly reste une figure presque mystérieuse en termes de détails personnels. Ce que l’on sait, c’est qu’il était d’origine modeste, agissant initialement comme un simple matelot avant de se hisser au rang de pirate par une mutinerie audacieuse en 1726. Cette transition s’opère à bord de l’Elizabeth Snow, un navire marchand dont il était le contremaître. Fly, en conflit avec le capitaine John Green, choisit de s’allier à des hommes mécontents et de renverser la hiérarchie maritime traditionnelle pour prendre le commandement. Cette mutinerie fut brutale : le capitaine Green fut jeté par-dessus bord, souffrant de sévères blessures avant de disparaître dans les eaux, tandis que le premier lieutenant fit de même en tentant d’échapper à ses bourreaux.
L’émergence de William Fly comme pirate souligne une dynamique très répandue pendant cette période, où les marins se rebellaient contre l’autorité et cherchaient à s’approprier la liberté par la piraterie. Cette révolte ne fut pas un simple acte impulsif mais le reflet d’un mécontentement profond face aux conditions de vie à bord des navires marchands et au traitement souvent brutal subi par les hommes de mer.
Le changement de nom du navire, désormais baptisé Fames’ Revenge, et la levée du célèbre drapeau Jolly Roger marquent symboliquement la rupture avec le passé et l’embrassement du statut de hors-la-loi en haute mer. Le choix du pavillon est une déclaration claire : la piraterie ne sera pas tolérée, et le nouveau capitaine entend mener sa vie selon ses propres règles, sans concession à la hiérarchie ni aux autorités coloniales.

Les faits marquants et la mutinerie qui ont forgé la légende de William Fly
La carrière de William Fly fut courte mais intense. Dès sa prise de commandement, il s’engagea dans une série de raids contre les navires marchands de la côte est américaine, notamment près de la Caroline du Nord et des côtes de Boston. Ce choix stratégique illustre son intention de frapper rapidement et fort afin d’imposer sa présence. La capture du navire John and Betty fut emblématique de ses premiers succès et permit à son équipage de s’armer et de renforcer leur position – un équipage motivé, mais encore novice dans l’art de la piraterie côtière.
Fly ne tarda pas à montrer un tempérament aussi rebelle qu’imprévisible. Lorsque l’expert marin William Atkinson fut capturé à bord d’un autre navire pirate, il fut contraint d’intégrer l’équipage comme pilote, bien à son corps défendant. Cette collaboration forcée, caractéristique des rapports tendus mais nécessaires entre pirates et hommes de mer expérimentés, permit à Fly d’étendre ses raids jusqu’à la baie de Delaware. Malgré tout, les tensions internes se réalité accrut, notamment après l’épisode où Fly, frustré par un mauvais itinéraire, menaça d’exécuter Atkinson, démontrant son tempérament violent et instable.
La mutinerie à bord de la Fames’ Revenge fut le retournement final de cette aventure maritime. Profitant de leur supériorité numérique, certains hommes du navire capturé réussirent à renverser Fly et une quinzaine d’autres pirates, préparant ainsi la chute du capitaine rebelle. La prise du navire à l’avant-poste de pêche de Brown’s Bank fut décisive et permit le retour triomphal de l’équipage capturé vers Boston, où la justice coloniale attendait pour faire un exemple.
Tableau des événements marquants du début de la carrière pirate de William Fly
| Date | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 27 mai 1726 | Mutinerie contre le capitaine John Green à bord de l’Elizabeth Snow | Prise de commandement par William Fly |
| Début juin 1726 | Premier raid sur la côte de Caroline du Nord | Renforcement de l’équipage pirate |
| 23 juin 1726 | Capture d’une goélette à Brown’s Bank | Prétexte à la mutinerie contre Fly |
| 28 juin 1726 | Retour à Boston avec Fly capturé | Procès imminent et condamnation à mort |
Les navires commandés et zones d’activité maritimes de William Fly
Le navire principal commandé par William Fly, renommé Fames’ Revenge après la prise et la mutinerie, fut le théâtre de ses exploits en mer. Ce petit et rapide navire, adapté aux raids côtiers, était à la fois un outil de liberté et une prison flottante pour son équipage turbulent. Son armement modeste mais efficace, souvent constitué de canons légers et de mousquets, correspondait à la rapidité et à l’agilité requises pour ses attaques dans les eaux peu profondes d’Amérique du Nord.
À tel point que ses opérations resteront concentrées sur la côte Est, de la Caroline du Nord à la baie de Massachusetts. Ce choix témoigne de l’impératif logistique et stratégique qui pesait sur les pirates de cette époque : éviter les grands affrontements navals tout en profitant de la richesse du trafic commercial dans ces zones côtières. Cette stratégie était également dictée par une connaissance imparfaite des eaux plus dangereuses ou lointaines comme celles de l’Océan Indien, où d’autres ports réputés — comme ceux qui jouèrent un rôle crucial dans la piraterie au XVIIIe siècle — accueillaient des flibustiers de plus grande envergure.
L’escale fatidique de Nantucket marquera la fin de sa carrière. L’épisode où Fly, exaspéré par les erreurs de navigation, tenta de tirer sur Atkinson illustre les tensions croissantes à bord et la fragilité des liens unissant pirates et naufragés captifs. L’importance et la rapidité des navires pouvaient faire la différence entre une vie de maraudeur réussie et une capture inévitable par les autorités coloniales.
La justice coloniale et l’exécution de William Fly : un acte exemplaire des derniers jours de la piraterie
L’arrestation de William Fly et de ses compagnons marqua un tournant final dans la lutte contre la piraterie dans les colonies britanniques d’Amérique. Présentés devant la Cour d’Amirauté à Boston, Fly, Samuel Cole et Henry Greenville furent condamnés à mort, tandis qu’un certain George Condick fut libéré, reflétant la dureté des lois et l’intransigeance de la justice sur la piraterie.
L’exécution de Fly, le 12 juillet 1726, reste célèbre par son audace et son refus de la soumission. Alors que d’autres compagnons tremblaient, le jeune pirate de 27 ans s’avança vers la potence avec un sourire détaché et une maturité face à la mort qui stupéfia l’assemblée. Il prit même la corde destinée à sa pendaison pour l’inspecter, défiant presque les bourreaux d’imposer la sentence. Cette attitude, loin d’être une simple provocation, semble témoigner d’une philosophie de l’homme libre qui affronte sans peur une fin inéluctable.
Après sa pendaison, son corps fut exposé sur un gibet de Nix’s Island, dans l’espoir de dissuader tout marin tenté par la piraterie. Ce châtiment symbolique fut une déclaration claire de la part des autorités : la piraterie, ce « crime contre toute l’humanité », ne serait jamais tolérée. Les répressions sévères menées contre des pirates tels que Fly témoignent également des politiques répressives britanniques visant à restaurer l’ordre maritime et à sécuriser des voies commerciales vitales dans l’Atlantique Nord.
L’héritage de William Fly dans l’histoire maritime et la mémoire collective des pirates rebelles
William Fly symbolise à la fois la fin d’une ère et le témoignage d’un état d’esprit pirate que l’on associe alors aux derniers jours de la piraterie. Son insoumission face à la justice, son comportement courageux devant la mort et la nature dramatique de son arrestation sont autant de motifs qui alimentent sa légende dans l’histoire maritime des XVIIIe et XXIe siècles.
Bien que son nom soit moins célèbre que certains forbans célèbres du passé, Fly marque une rupture historique importante. En effet, beaucoup considèrent son exécution comme le véritable point final du XVIIIe siècle pour la piraterie classique avant l’évolution des tactiques et formes de piraterie que l’on observe aujourd’hui, notamment dans des zones comme le détroit de la mer Rouge où la piraterie moderne continue d’évoluer en 2025.
Son histoire s’inscrit également dans la mémoire collective des pirates rebelles, des marins qui ont défié les ordres établis pour revendiquer une forme de liberté radicale. C’est cette image que reprend la culture populaire contemporaine, bien que souvent édulcorée, donnant à Fly et ses pairs une place dans le panthéon des figures maritimes rebelles, à la croisée des mythes et de la réalité historique.
- Mutinerie sanglante contre l’autorité traditionnelle
- Élévation rapide au commandement de la Fames’ Revenge
- Choix stratégique des zones de piraterie sur la côte Est américaine
- Défi ouvert à la justice lors de son exécution en 1726
- Exposition post-mortem sur le gibet, avertissement symbolique
Qui était William Fly avant de devenir pirate ?
William Fly était initialement un matelot d’origine modeste engagé sur un navire marchand. Sa prise de commandement survient après une mutinerie violente contre le capitaine John Green en 1726.
Comment William Fly est-il devenu capitaine pirate ?
Grâce à une mutinerie organisée avec plusieurs matelots mécontents de leur commandant, Fly prit le contrôle du navire Elizabeth Snow, rebaptisé Fames’ Revenge.
Pourquoi William Fly a-t-il été exécuté ?
Fly fut capturé après une mutinerie contre lui, jugé coupable de piraterie et de meurtre, puis condamné à mort par la Cour d’Amirauté de Boston.
Quel est l’héritage de William Fly dans l’histoire de la piraterie ?
Son exécution marque la fin symbolique de l’âge d’or de la piraterie classique. Son courage face à la mort l’a inscrit comme un symbole des pirates rebelles.
Où William Fly opérait-il principalement ?
Ses activités se concentraient principalement sur la côte Est des colonies américaines, de la Caroline du Nord à la baie de Massachusetts.
Jonas Élias Barbeck explore depuis plus de vingt ans l’histoire des pirates, des corsaires français et des grandes routes maritimes de l’âge d’or de la piraterie. Passionné de cartes anciennes, il dévoile des récits authentiques sur les pirates légendaires, les batailles navales, les trésors disparus et les mythes maritimes qui ont façonné la piraterie mondiale.

