Isolée au cœur de l’océan Pacifique, l’Île de Cocos est depuis des siècles un mystère irrésolu, un rêve d’aventure pour les chasseurs de trésors et les passionnés d’histoire maritime. Cette petite terre volcanique, située à environ 550 kilomètres au sud-ouest du Costa Rica, est entourée de légendes persistantes évoquant des richesses fabuleuses englouties dans ses grottes profondes et ses baies dissimulées. L’énigme du trésor enterré sur l’île de Cocos fascine autant par son folklore que par les récits historiques des pirates qui y ont séjourné, notamment le fabuleux trésor du capitaine William Thompson également surnommé le trésor de Lima. Aux confins des routes maritimes du XVIIe au XIXe siècle, ce lieu sauvage fut un havre pour les forbans, offrant protection, eau douce et bois pour leurs navires. Pourtant, malgré plusieurs centaines d’expéditions organisées depuis le XIXe siècle, aucune cache de trésors n’a été retrouvée avec certitude à ce jour. Le secret, peut-être jalousement gardé par les éléments et l’histoire, repousse toujours la frontière entre mythe et réalité dans ce défi archéologique et historique unique. Plus qu’une simple quête matérielle, l’exploration de l’île de Cocos est une plongée dans un univers où le mystère, l’aventure et les récits de corsaires se mêlent indissociablement.
En bref :
- Localisation : Île volcanique de 24 km², située dans l’océan Pacifique, appartenant au Costa Rica.
- Trésors hypothétiques : Plusieurs caches célèbres, dont le trésor de Lima, une fortune estimée aujourd’hui à plus d’un milliard d’euros.
- Histoire des pirates : Pirate notables tels que William Thompson, Edward Davis ou Henry Morgan auraient utilisé l’île comme refuge ou cache.
- Explorations : Plus de 500 expéditions de chasseurs de trésors documentées entre 1846 et 1997, toutes infructueuses.
- Protection actuelle : L’île est classée patrimoine mondial par l’UNESCO, les fouilles sont strictement interdites par le gouvernement costaricien.
- Richesse naturelle : Forêt tropicale, faune marine et terrestre exceptionnelles, zones interdites au public pour conservation.
- Culture populaire : Source d’inspiration de nombreux ouvrages, jeux et récits pittoresques, à l’image de « L’île au Trésor » de Robert Louis Stevenson.
Origines historiques et géographiques de l’énigme du trésor sur l’île de Cocos
L’île de Cocos, ou Isla del Coco en espagnol, est un territoire de montagnes volcaniques isolé de toute grande voie maritime, situé à 5°31’45 » nord et 87°3’36 » ouest. Sa configuration géologique en fait une plate-forme rocheuse hérissée de trois pics volcaniques dominants, dont le Grand Sommet culminant à 850 mètres. Cette topographie abrupte, renforcée par une barrière rocheuse à pic de 60 à 180 mètres sur la façade est, est une caractéristique déterminante de l’île. S’y ajoutent les précieuses ressources de bois et d’eau douce, avec deux points d’aiguade notables dans les baies de Wafer et Chatham, essentiels pour les longueurs maritimes des navires d’époque. Cette base pour corsaires et pirates qui croisaient aux abords des côtes sud-américaines en fait, au fil des siècles, un lieu stratégique et un refuge pouvant accueillir des flibustiers en quête d’une halte, d’un ravitaillement ou d’un cachette temporaire.
Le nom « île de Cocos » remonte au XVIIe siècle, désignant les cocotiers introduits pour tenter une colonisation, malheureusement vouée à l’échec en raison du climat humide et des conditions de vie hostiles. Pourtant, ces arbres fournirent à la piraterie un élément clé pour la survie des équipages.
Plusieurs figures emblématiques de la piraterie et de la navigation au long cours ont foulé le sol de cette île légendaire. Parmi elles figurent William Dampier, Henry Morgan après son sac de Panama en 1683, le mystérieux William Thompson, surnommé le capitaine ayant enterré le trésor de Lima, le fameux Edward Davis, et Bennett Graham, dit Benito Bonito, ainsi que d’autres comme John Eaton et Lionel Wafer. Ces personnages incarnent le volet historique de l’énigme et justifient à eux seuls la réputation d’« île aux trésors » attribuée depuis le XIXe siècle par les chercheurs et explorateurs.
- Les richesses volées : trésors religieux, ors et bijoux provenant de la cathédrale de Lima, ainsi que les fortunes privées des conquistadors espagnols établis au Pérou.
- Cache stratégique : grottes nombreuses, falaises abruptes, points d’eau douce et bois sont autant d’atouts pour dissimuler un magot.
- Rareté humaine : absence totale de population permanente en 2025, renforçant le caractère sauvage et mystérieux du site.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Superficie | 23,85 km² |
| Relief | Trois pics volcaniques, Grand Sommet à 850 m |
| Points d’eau douce | Baie de Wafer, Baie de Chatham, et cascades saisonnières |
| Flore principale | Cocotiers, palmiers, fougères arborescentes |
| Faune marine | Dauphins, raies, requins, fausses orques, thons |
Le récit légendaire du trésor de Lima enfoui sur l’île de Cocos
L’histoire la plus célèbre de l’île de Cocos reste incontestablement celle du trésor de Lima, enfermé dans un secret d’énigme depuis près de deux siècles. Au début du XIXe siècle, alors que l’Amérique latine entrait en guerre pour son indépendance, le général argentin José de San Martín et l’amiral britannique Lord Cochrane mirent en déroute les forces espagnoles protégeant Lima et son port stratégique de Callao. Anticipant la chute imminente, l’église catholique de Lima affréta un navire, la Mary Dear, pour évacuer les immenses richesses accumulées dans la cathédrale et les édifices religieux de la capitale du vice-royaume.
La cargaison comprenait des dizaines de tonnes d’or, de bijoux précieux, des calices, ciboires, chandeliers, mais surtout une statue monumentale en or massif de la Vierge Marie, haute de deux mètres et ornée de plus de 1 600 pierres précieuses. La fortune embarquée sur la Mary Dear constituait une des plus grandes richesses amassées par la couronne espagnole sur le continent sud-américain.
Le capitaine William Thompson, un Écossais réputé pour ses qualités de marin, prit la mer avec cette précieuse cargaison, mais une mutinerie éclata lors de la traversée. Convaincus par l’appât du gain, l’équipage poignarda et jeta à la mer tous les passagers, confisquant ainsi le trésor. Emmenant le navire vers l’isolement de l’île de Cocos, Thompson enterra la trésorerie dans une de ses grottes, établissant un secret jalousement gardé. Il incendia ensuite la Mary Dear, et feignit le naufrage avec ses hommes, espérant faire croire à une tragédie maritime et échapper aux sanctions de la piraterie imposées par les puissances internationales à cette époque.
- Durée de chargement du trésor : deux jours pleins pour stocker toute la cargaison sur la Mary Dear.
- Motifs de la mutinerie : avidité et promesse d’enrichissement immédiat.
- Stratagème de Thompson : abandonner la Mary Dear en flammes, retour en chaloupes pour simuler un naufrage.
- Conséquences : arrestation des mutins, exécution de la plupart, Thompson s’échappe et disparaît.
| Composition du trésor | Détails |
|---|---|
| Objets d’or | Calices, chandeliers, vaisselle religieuse |
| Pierre précieuses | Plus de 3 000 rubis, diamants, topazes, émeraudes |
| Pièces d’or | Plusieurs milliers de doublons espagnols et crowns mexicains |
| Statue de la Vierge | Or massif de 2 mètres, 1 684 pierres précieuses, couronne en diamants |

Interprétations historiques et récits dignes d’une carte au trésor
La richesse inouïe du trésor attire chercheurs, historiens, et aventuriers depuis le XIXe siècle. Pourtant, à l’instar des énigmes classiques de la piraterie, aucun trésor n’a encore été découvert avec certitude. La transmission orale et documentaire s’est mélangée à des erreurs, exagérations, et à des tracés manuscrits plus ou moins fidèles. Un ami proche du capitaine Thompson, John Keating, prétend détenir un plan précis avec des coordonnées cryptées donnant la position de la cache : une grotte marquée par une croix dans la baie de Chatham, à une distance exacte de certains repères naturels tels que l’ombre projetée d’un pic au coucher du soleil. Ces relents de tradition popularisée soulignent combien l’aspect symbolique et l’énigme de la localisation entretiennent la fascination de ce trésor.
De nombreux documents parmi lesquels des lettres, plans et inventaires furent disséminés, témoignant des nombreuses tentatives de récupération au fil du temps. La trame d’un récit évoque notamment la position à « deux encablures » d’un point d’eau douce, une plage où la profondeur atteint douze brasses, et une grotte cachée accessible seulement à marée basse, ce qui complique singulièrement toute opération. Ces indices pittoresques continuent d’évoquer les récits de cartographie succulente qui ont notamment inspiré une myriade de fictions piratiques et actuelles, à l’image notamment de la célèbre œuvre de Robert Louis Stevenson.
- Plans successifs : plusieurs cartes retrouvées, parfois volées ou vendues, apportant des indices contradictoires.
- Difficultés du terrain : falaises abruptes, grottes inondables, fonds marins jusqu’à 20 mètres de profondeur.
- Actes législatifs : le Costa Rica interdit toute fouille sans autorisation, renforçant la préservation archéologique.
- Influences culturelles : inspirations pour la littérature, les jeux vidéo comme la représentation des pirates dans Sea of Thieves ou récits fictifs.
| Événements liés aux explorations | Dates | Impact |
|---|---|---|
| Premières expéditions recensées | 1846-1890 | Multiplication des fouilles infructueuses, dégradations |
| Classement UNESCO | 1997 | Interdiction stricte des fouilles, protection accrue |
| Disparitions mystérieuses | 1962 | Cas de Portelle et Challis, créant un voile de mystère |
| Expédition Albert Mata | 1990 | Documentée, échec d’une recherche moderne |
Les traces archéologiques et témoignages tangibles de la quête du trésor
Au fil des siècles, malgré la défense légale et écologique mise en place afin de protéger l’Île de Cocos, plusieurs objets et vestiges ont été retrouvés, renforçant l’idée que le trésor ou des portions conséquentes ont bien existé. Par exemple, dans les années 1930, une petite statue en or d’une hauteur de 60 cm fut découverte à la baie de l’Espérance par un chercheur belge nommé Bergmans. Cette pièce fut vendue à New York pour un montant notable, validant indirectement la présence de richesses enfouies. Ce type de découvertes sporadiques alimente le mythe sans toutefois permettre une localisation précise ou définitive.
En 1962, le mystère se fit cependant plus tangible lorsque deux chercheurs français, Jean Portelle et Claude Challis, disparurent mystérieusement sur l’île lors d’une expédition. Leur absence inexpliquée jeta une ombre lourde sur la légende, tandis que leur compagnon de voyage Robert Vergnes fit un retour solitaire et documenta les dangers et la rancune des lieux dans un témoignage publié, rappelant à quel point l’île garde jalousement ses secrets.
- Biens découverts : objets d’or, bijoux, reliquaires, pièces de monnaie anciennes.
- Disparitions et accidents : cas de disparition, conditions climatiques extrêmes, faune hostile.
- Impact écologique : ravages causés par fouilles illégales, dynamitage, perturbation de la faune et flore.
- Protection spatiale : zone restreinte aux deux tiers de l’île, trois pics volcaniques intacts.
| Découverte | Année | Description |
|---|---|---|
| Vierge d’or retrouvée | 1931 | Statue en or massif de 0,6 m découverte dans la baie de l’Espérance |
| Disparition de Portelle et Challis | 1962 | Deux explorateurs français disparaissent mystérieusement lors d’une reconnaissance |
| Rapports de dynamitage | Années 1920-1930 | Utilisation de dynamite par les chasseurs de trésors |
| Interdiction des fouilles | Depuis 1997 | Protection par l’UNESCO et contrôle étatique renforcé |
Exploration contemporaine et avenir de l’énigme du trésor enterré
En 2025, l’île de Cocos est protégée de manière stricte par le gouvernement costaricien et classée parc national inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les visites sont extrêmement encadrées et limitées, autorisées uniquement pour des missions scientifiques ou de tourisme écologique sélectif. La chasse au trésor est devenue un mot quasi-tabou, jugée illégale et punie sévèrement, ce qui encourage aujourd’hui plus une approche scientifique et respectueuse de ce sanctuaire naturel.
Nombreux sont encore les passionnés d’archéologie marine, d’histoire maritime et de piraterie qui rêvent d’une expédition fructueuse. Mais au fil du temps, le mythe de l’île aux trésors est souvent relayé par des canulars ou de fausses découvertes largement démystifiées, à l’image de l’annonce de 2015, laquelle a secoué la communauté avant d’être démentie catégoriquement. Toujours, l’île demeure une énigme aussi fascinante qu’infranchissable, symbole d’une aventure où le secret et la nature se mêlent étroitement.
L’île continue d’inspirer la pop culture américaine et européenne, de récits littéraires à des jeux vidéo, en passant par des documentaires renommés comme celui du Commandant Cousteau en 1988, consacrant ses eaux comme l’un des meilleurs sites au monde pour l’observation des grandes espèces marines. La beauté brute et sauvage de l’île contraste alors puissamment avec son passé sanglant et mystérieux, soulignant l’ambivalence d’un patrimoine à préserver, mais aussi d’une énigme que le temps n’a pas encore permis de résoudre définitivement.
- Rôle du tourisme scientifique : exploration écologique réglementée et respectueuse.
- Efforts de préservation : mesures pour sauvegarder la biodiversité menacée par les explorations passées.
- Croissance du folklore : nourrie par les épisodes et personnages liés à la piraterie historique comme François L’Olonnais et d’autres pirates notables.
- Résonance dans la culture populaire : inspirant récits, films, et même les aventures jeunesse comme dans l’histoire de Max.
| Aspect | Situation actuelle |
|---|---|
| Statut légal | Parc national protégé, fouilles interdites |
| Activité touristique | Visites limitées, plongée sous-marine contrôlée |
| Importance scientifique | Laboratoire de recherche en biodiversité tropicale |
| Valeur culturelle | Source d’inspiration continue pour la piraterie et l’aventure |
L’île de Cocos abrite-t-elle réellement le trésor de Lima ?
Si aucune preuve formelle n’a jamais permis de confirmer la découverte du trésor, plusieurs documents historiques et témoignages crédibles attestent de son enfouissement potentiel sur l’île, bien que son emplacement précis demeure inconnu.
Qui est William Thompson, le capitaine lié au trésor ?
William Thompson était un capitaine écossais qui, selon les récits historiques, aurait détourné une cargaison précieuse en évacuant les richesses de Lima lors des guerres d’indépendance sud-américaines et aurait enterré ce butin secret sur l’île de Cocos.
Pourquoi l’île est-elle protégée aujourd’hui ?
L’île de Cocos est un sanctuaire naturel exceptionnel qui présente une biodiversité maritime et terrestre rare, menacée par les fouilles archéologiques et l’exploitation touristique intensive. Elle bénéficie d’un statut protégé par l’UNESCO et le gouvernement costaricien.
Peut-on organiser une expédition pour chercher le trésor actuellement ?
Depuis 1997, les fouilles sur l’île de Cocos sont strictement interdites, et toute tentative sans autorisation gouvernementale est passible de sanctions pénales sévères. Seules les missions scientifiques sont autorisées pour préserver le site.
Quelles sont les autres légendes associées à l’île ?
Outre le trésor de Lima, d’autres caches supposées liées à des pirates tels que Bennet Graham (Benito Bonito) ou Edward Davis sont évoquées, chacune alimentant la mystique de cette île dans la culture pirate et ses mystères.
Jonas Élias Barbeck explore depuis plus de vingt ans l’histoire des pirates, des corsaires français et des grandes routes maritimes de l’âge d’or de la piraterie. Passionné de cartes anciennes, il dévoile des récits authentiques sur les pirates légendaires, les batailles navales, les trésors disparus et les mythes maritimes qui ont façonné la piraterie mondiale.

