La légende entourant le capitaine Bartholomew Roberts s’est imposée comme l’une des plus fascinantes de l’âge d’or de la piraterie. Flibustier sophistiqué et redouté des mers, il est resté célèbre non seulement pour le volume impressionnant de son butin, mais aussi pour son sens aigu de la navigation, ses stratégies audacieuses en mer des Caraïbes et son sens militaire impeccable. En écumant les mers au début du XVIIIème siècle, Roberts, souvent nommé « Black Bart », accumula un trésor inestimable et une renommée empreinte d’une rigueur quasi militaire, ce qui le distinguait singulièrement de bien d’autres pirates plus brutaux mais moins organisés. Ses exploits donnent encore lieu à des débats parmi les historiens maritimes quant à l’ampleur exacte de son pillage et l’emplacement supposé de son trésor disparu. Cette énigme s’inscrit dans une trame historique riche mêlant rivalités navales, cartographie ancienne, et tactiques de guerre de course qui continuent de nourrir la fascination pour la piraterie.
À la croisée des récits vérifiés et des légendes qui ont traversé les siècles, le capitaine Bartholomew Roberts incarne un phénomène unique où la discipline ne cède rien à la sauvagerie que l’on associe souvent aux pirates. Son butin, en partie perdu dans les eaux tumultueuses de l’Atlantique, représente à la fois une source d’inspiration pour les explorateurs contemporains et un mystère jamais entièrement élucidé. La mer des Caraïbes et les côtes africaines furent les théâtres principaux où cet homme au charisme inquiétant forgea son empire éphémère. Le récit de son ascension, de ses règles d’équipage atypiques, et de son destin tragique racontent l’histoire d’un pirate hors du commun, dont l’ombre plane toujours sur l’histoire maritime.
Origines et ascension du capitaine Bartholomew Roberts, flibustier du XVIIIème siècle
Né sous le nom de John Roberts, en 1682 dans le comté de Pembroke au Pays de Galles, ce jeune homme prit la mer dès son plus jeune âge, à peine âgé de 13 ans. Ses débuts furent ceux d’un marin ambitieux et rusé qui gravit rapidement les échelons de la navigation commerciale avant d’être entraîné dans l’univers de la piraterie. Son surnom “Black Bart” s’explique autant par son apparence que par sa réputation de dureté envers ses captifs, notamment les Français. Il pilla plus de 400 navires tout au long de sa carrière courte mais intense, constituant une véritable menace pour les flottes marchandes des deux côtés de l’Atlantique. Cette cadence incroyable de captures témoigne à la fois de son sens de la stratégie en mer et de la discipline rigoureuse qu’il imposait à son équipage.
Roberts devint pirate en s’embarquant de force à bord d’un navire capturé par le capitaine Howell Davis, un pirate gallois. À la mort de Davis en 1720, c’est l’équipage qui choisit Roberts pour lui succéder, un choix qui allait changer le visage de la piraterie en mer des Caraïbes. Dès sa prise de commandement, Roberts déploya toute sa fougue et son sens tactique pour frapper fort : il captura plusieurs navires d’importance et détruisit le fort portugais de l’île de Principe, un acte de revanche qui établit sa réputation d’homme impitoyable et stratège.
- 1695 : naissance de John Roberts au Pays de Galles
- 1719-1720 : rejoint l’équipage de Howell Davis
- 1720 : élu capitaine après la mort de Davis
- 1720-1722 : ascension fulgurante en mer des Caraïbes et au large des côtes africaines
| Événement | Date approximative | Lieu | Conséquence |
|---|---|---|---|
| Enrôlement forcé sur le Princess of London | Avant 1720 | Atlantique, au large de l’Afrique | Début de la vie pirate |
| Mort de Howell Davis | 1720 | Île de Principe | Même équipage élit Roberts capitaine |
| Attaque et destruction du fort de l’Île de Principe | 1720 | Île de Principe | Renforcement de la réputation de Roberts |
Les routes maritimes empruntées par Roberts recouvrent des zones clefs de la piraterie en mer des Caraïbes et au-delà, combinant la menace contre les flottes marchandes et les intérêts coloniaux. Cette opposition frontale aux pouvoirs établis, tout en développant un système efficace de partage du butin, fit de Bartholomew Roberts un cas unique, en comparaison des autres pirates plus désorganisés de la même époque. Son rôle dans la piraterie régulière reste un sujet d’étude approfondie, notamment dans le contexte de la guerre de course anglaise et des conflits maritimes liés à la domination des routes commerciales mondiales.
La tactique du pirate et le butin légendaire du capitaine Bartholomew Roberts
Bartholomew Roberts ne se contentait pas d’être un redoutable capitaine pirate; il fut aussi un stratège hors pair qui sut exploiter à son avantage les routes commerciales et la navigation technique des vaisseaux marchands. Grâce à sa maîtrise de la navigation et une discipline stricte, il constitua un butin impressionnant, dépassant largement la moyenne de ses contemporains. Sa flotte, comprenant notamment le fameux Royal Fortune, était équipée de puissants canons et armée d’un équipage sans égal en audace.
Les tactiques de Roberts se différenciaient par une capacité à surprendre ses adversaires, usant parfois de ruses comme le port de pavillons étrangers pour se rapprocher sans éveiller les soupçons. La capture massive de navires à la fois dans les Caraïbes et au large des côtes africaines témoigne de son audace : en janvier 1722, il s’empara de 11 sloops à la fois au large de l’Afrique de l’Ouest. Cette efficacité permettait un partage conséquent du butin, ce qui renforçait la loyauté de son équipage.
- Usage stratégique de faux pavillons pour tromper les ennemis
- Préférence pour des navires puissants et armés comme le Royal Fortune
- Répartition équitable du butin selon des règles strictes
- Capacité à capturer plusieurs navires simultanément
- Actions directes contre les autorités coloniales, par exemple l’attaque du gouverneur de la Martinique
| Navire | Armement | Capacité de l’équipage | Particularité |
|---|---|---|---|
| Royal Fortune (version française) | 42 à 52 canons | Environ 220 hommes | Navire robuste construit vers 1697, acquis dans les Caraïbes |
| Onslow (rebaptisé Royal Fortune) | 40 canons | Optimisé pour vitesse et maniabilité | Ancien navire de la Compagnie Royale d’Afrique modifié pour Roberts |
Le trésor du capitaine Roberts demeure enveloppé de mystère. Si son pillage est attesté par des documents de la Royal Navy et des archives coloniales, la localisation de ses richesses extorquées n’a jamais été confirmée. Cette absence d’indices tangibles alimente encore aujourd’hui le mythe, renforcé par les récits historiques disponibles sur la piraterie en mer des Caraïbes et la complexité des routes maritimes au XVIIIème siècle.

Interprétations historiques et stratégies dans la piraterie de Bartholomew Roberts
L’analyse historique du capitaine Bartholomew Roberts révèle un homme qui alliait rigueur militaire et cruauté calculée. Son charisme naturel dépassait souvent celui de ses contemporains, renforcé par son style vestimentaire marqué par une garde-robe riche en soieries rouge vif et ornements précieux. Cette apparence affichée était autant un moyen d’intimider que de renforcer son autorité sur son équipage. Les sources de l’époque comme « Histoire générale des plus fameux pyrates » attribuent à Roberts une discipline stricte qu’il codifia par un ensemble de règles que chaque membre était contraint de respecter.
Ces articles de pirates, retrouvés dans des témoignages d’anciens matelots, imposaient autant de règles de sécurité que de comportements sociaux au sein de l’équipage. En voici les points saillants :
- Chaque homme devait maintenir son arme propre et fonctionnelle
- La présence de femmes ou de garçons à bord était strictement interdite, sous peine de mort
- Abandonner le navire en combat était puni de mort ou de désertion sur une île déserte
- Le droit de vote et la part du butin étaient égaux pour tous les hommes de l’équipage
- L’interdiction des jeux d’argent tels que les dés ou les cartes
- Respect du repos des musiciens le jour du sabbat, illustrant un étonnant respect culturel
| Règle | Conséquence en cas de non-respect | Justification présumée |
|---|---|---|
| Maintien des armes en état | Exclusion ou sanction disciplinaire | Assurer l’efficacité en combat |
| Interdiction des femmes et garçons | Peine de mort | Empêcher les distractions et querelles |
| Interdiction d’abandon en bataille | Mort ou désertion sur île désertique | Maintenir la cohésion en combat |
| Partage égal du butin | Crée la cohésion et la loyauté | Équité entre équipiers |
| Interdiction des jeux d’argent | Sanctions variées | Éviter les querelles pour de l’argent |
Ce système rigoureux étonne les observateurs contemporains qui voient en Roberts un modèle de gouvernance pirate. Néanmoins, cette discipline féroce s’accompagnait aussi d’exactions cruelles, notamment à l’encontre des prisonniers. Ces pratiques renforçaient la peur qui entourait son nom et la puissance de son pavillon noir, souvent décoré d’un Jolly Roger singulier, symbole d’une punition expéditive pour ceux qui s’opposaient à lui.
Les traces du capitaine Bartholomew Roberts : entre faits avérés et mythes sur son trésor perdu
Le destin du capitaine Bartholomew Roberts fut tragiquement scellé en février 1722, lorsque, au large du Gabon, il fut tué d’une balle en pleine gorge lors d’une bataille contre la Royal Navy, à bord de son navire de guerre, le Royal Fortune. Ce combat sous une tempête tropicale opposa Roberts au capitaine Challoner Ogle, qui le poursuivait depuis des mois. La mort brutale de Roberts n’arrêta pas immédiatement sa flotte, mais mit fin à sa carrière de pirate, qui avait payé fort cher pour ses audaces.
Ses hommes jetèrent son corps à la mer, suivant une demande insistante du capitaine, afin d’éviter que les autorités ne récupèrent son cadavre pour une mise en scène publique. La répression fut sévère : 268 pirates furent capturés, 52 furent pendus dans ce qui demeure la plus importante exécution publique de l’âge d’or de la piraterie, tandis que plusieurs autres furent condamnés aux travaux forcés en Afrique de l’Ouest, un sort généralement fatal.
À ce jour, aucune localisation certaine du butin de Bartholomew Roberts n’a permis de retrouver les trésors accumulés par ce flibustier. Ce mystère stimule encore les recherches contemporaines en histoire maritime. Plusieurs hypothèses évoquent des caches dissimulées le long des côtes africaines ou dans des îles isolées des Caraïbes, bien que les conditions de conservation de tels trésors soient hautement improbables, notamment en raison des tempêtes, de la corrosion et des pillages successifs.
| Événements post-mortem | Détails | Implications historiques |
|---|---|---|
| Bataille finale | 10 février 1722 au large du Gabon contre HMS Swallow | Mort de Roberts et capture de son équipage |
| Exécution publique | 52 pirates pendus devant le château de Cape Coast | Répression sévère contre la piraterie |
| Trésor perdu | Aucune trace connue à ce jour | Alimente les mythes entourant Roberts |
Les légendes entourant ce trésor ont imprégné la culture populaire et inspiré notamment le personnage de Bartholomew Roberts dans la série Black Sails ainsi que plusieurs œuvres vidéoludiques. Si sa carrière ne dura que trois années, elle demeure le standard par lequel beaucoup mesurent la fortune pirate, sans jamais vraiment l’atteindre.
Le capitaine Bartholomew Roberts aujourd’hui : héritage et fascination dans l’histoire maritime
Le capitaine Bartholomew Roberts reste, plus de trois siècles plus tard, une figure emblématique de la piraterie organisée. Son nom est étudié dans les archives maritimes pour comprendre les mécanismes internes d’un équipage pirate discipliné, ainsi que pour décrypter les enjeux économiques et politiques entourant la piraterie au début du XVIIIème siècle. Son héritage est encore palpable dans les nombreux musées, reconstitutions historiques et consultations spécialisées liées à la navigation et à la piraterie, où son profil est souvent convoqué pour illustrer la complexité et la hauteur de la piraterie dite « classique ».
La curiosité persistante des chercheurs pour son butin ainsi que les mystères de ses tactiques navales alimentent aussi l’intérêt pour la piraterie à l’époque de la guerre de succession d’Espagne et au-delà. Les progrès dans les technologies de détection sous-marine ont permis récemment d’approcher certaines zones d’intérêt, mais sans encore mettre la main sur des vestiges majeurs confirmés. Ces efforts s’inscrivent dans un cadre plus large de lutte contre la piraterie moderne, où la sécurité maritime et la surveillance des routes commerciales tiennent une place centrale, comme exposé dans des analyses contemporaines sur les technologies de drones en surveillance anti-piraterie.
- Museums et centres historiques spécialisés dans l’âge d’or de la piraterie
- Intérêt populaire renouvelé par la pop culture et les jeux vidéo
- Recherche archéologique et historique active
- Référencement comme modèle de discipline dans la piraterie
- Évolution des méthodes de piraterie vers des formes contemporaines
| Aspect | Description | Contexte actuel |
|---|---|---|
| Héritage historique | Exemple d’organisation d’équipage et de stratégie pirate | Éducation et reconstitutions historiques |
| Influence culturelle | Inspirations pour films, séries, jeux vidéo | Pop culture, tourisme thématique |
| Recherche archéologique | Exploration des sites potentiels de trésors et épaves | Utilisation des nouvelles technologies de fouille |
Le personnage historique du capitaine Bartholomew Roberts est également confronté aux réalités plus sombres de la piraterie, qui à son époque tout comme aujourd’hui, mêle aventure à criminalité et violence extrême. La connaissance des mécanismes anciens continue d’éclairer les enjeux actuels, notamment face aux nouvelles formes de piraterie et terrorisme maritime, rappelées dans des études approfondies sur la piraterie contemporaine.
Qui était réellement le capitaine Bartholomew Roberts ?
Un pirate gallois du début du XVIIIème siècle, réputé pour avoir capturé plus de 400 navires lors de sa carrière de trois ans et pour son sens militaire et rigueur.
Quels étaient les navires principaux de Roberts ?
Roberts commandait notamment le Royal Fortune, un navire puissant de 40 à 52 canons, ainsi que d’autres vaisseaux capturés et modifiés pour la piraterie.
Où se situe aujourd’hui le trésor de Bartholomew Roberts ?
Aucune localisation certaine n’a été validée. Plusieurs légendes évoquent des caches possibles en Afrique ou dans les Caraïbes, mais elles restent non confirmées.
Comment Roberts gérait-il son équipage ?
Grâce à un code strict de règles pirates qui privilégiaient l’égalité, la discipline et un partage équitable du butin, tout en imposant des sanctions sévères en cas de trahison.
Quel impact a eu la mort de Roberts sur la piraterie ?
Sa mort marque la fin d’une ère de piraterie organisée et l’accroissement de la répression anglaise qui conduit à la chute de nombreux flibustiers.
Jonas Élias Barbeck explore depuis plus de vingt ans l’histoire des pirates, des corsaires français et des grandes routes maritimes de l’âge d’or de la piraterie. Passionné de cartes anciennes, il dévoile des récits authentiques sur les pirates légendaires, les batailles navales, les trésors disparus et les mythes maritimes qui ont façonné la piraterie mondiale.

