Bartholomew Roberts, plus connu sous le sobriquet de Black Bart, incarne l’une des figures les plus impressionnantes et redoutées de l’époque d’or de la piraterie. Né sous le nom de John Roberts en 1682 au pays de Galles, sa carrière exceptionnelle de pirate s’étendit sur à peine trois ans, mais suffisit à forger une légende maritime d’une intensité rare. Ce « fléau des pirates » s’illustra par sa capacité à capturer plus de 400 navires, surpassant largement tous ses contemporains en termes de prises et d’audace sur les mers des Caraïbes et au-delà. Sa réputation redoutée s’est construite tant par la rigueur et le charisme dont il fit preuve en tant que capitaine que par son habileté à instaurer un code pirate inédit, réorganisant la piraterie en une force ordonnée et impitoyablement disciplinée.
L’histoire de Bartholomew Roberts est une plongée fascinante dans la piraterie du XVIIIe siècle, marquée par des actes de bravoure, des batailles navales épiques, et une ambition dévorante. Son ascension clandestine jusqu’à un rôle de chef reconnu témoigne d’un tempérament hors du commun, capable d’imposer sa loi sur la mer. La biographie de ce pirate va au-delà du simple récit d’aventures : elle révèle le portrait d’un homme complexe, habillé avec élégance, attaché à un sens de l’honneur et de l’ordre même au sein d’une communauté réputée pour son anarchie.
En bref :
- Bartholomew Roberts est considéré comme l’un des pirates les plus prolifiques, ayant capturé plus de 400 navires en trois ans.
- Il est à l’origine d’un code pirate structurant la vie à bord et la discipline pour prévenir les mutineries.
- Roberts commande plusieurs navires célèbres, notamment le Royal Fortune, et mène des attaques audacieuses dans la mer des Caraïbes et sur la côte africaine.
- Sa fin survient lors d’une bataille en 1722 au large du Gabon, où il est tué dans un affrontement contre un navire de guerre britannique.
- Son héritage persiste dans la culture populaire et la mémoire maritime comme symbole de l’âge d’or de la piraterie.
Origines et ascension de Bartholomew Roberts, pirate redouté des Caraïbes
Né en 1682 à Casnewydd Bach, dans le Pembrokeshire gallois, John Roberts s’enfonce dans la piraterie relativement tard, sans que beaucoup d’éléments sur sa jeunesse ne soient précisément connus. Il est originairement marin sur des sloops esclavagistes, assurant le transport de marchandises et humains dans des voies commerciales lucratives mais périlleuses. C’est probablement sa captures par le capitaine pirate Howell Davis lors d’une attaque à Anomabu (aujourd’hui Côte d’Ivoire) qui lui donna la première opportunité de changer radicalement de destin.
Lorsque Howell Davis est tué en 1719 dans une embuscade au large de l’île de Príncipe, Roberts fait immédiatement valoir ses talents en commandement au sein de l’équipage pirate. Cette élection spontanée comme capitaine du Royal Rover révèle ses qualités remarquables : une stature imposante, un pragmatisme brutal, mais aussi un sens stratégique aigu. Son surnom, « Black Bart », dérive de son habitude d’arborer une tenue noire élégante, atypique pour un forban.
Ce changement illustre le caractère rhizomique de la piraterie de l’époque, où les alliances et les castes étaient fluctuantes mais où un leader capable de maintenir l’ordre était crucial. Roberts inaugure alors une piraterie orientée vers l’efficacité et la discipline à travers un premier code maritime, régulant la vie à bord et l’attribution du butin, tout en opposant une discipline stricte contre la trahison ou l’indiscipline.
| Étape | Date | Faits marquants |
|---|---|---|
| Naissance | 1682 | Naissance à Casnewydd Bach, Pays de Galles |
| Capture | 1719 | Capturé par Howell Davis à Anomabu |
| Élection comme capitaine | 1719 | Suite à la mort de Davis, élu capitaine par l’équipage |
| Premiers abordages | 1719-1720 | Multiplication des prises sur la côte africaine et dans les Caraïbes |

Faits marquants et batailles emblématiques de Bartholomew Roberts
Au cours de sa carrière de pirate, Bartholomew Roberts s’est révélé un tacticien hors pair, capable de défier aussi bien de petits navires marchands que des convois escortés et des bâtiments de guerre. Sa flottille imposante comptait jusqu’à quatre navires, incluant notamment le célèbre Royal Fortune et le Good Fortune.
Un épisode clé survient en septembre 1720 lorsqu’il attaque un convoi portugais de 42 vaisseaux marchands, protégés par deux navires de guerre armés chacun de plus de 70 canons. Malgré ce rapport de force, Roberts capture plusieurs navires, notamment un vaisseau chargé d’or d’une valeur estimée à plus de 30,000 livres sterling, soulignant sa capacité à opérer des coups audacieux.
Ses méthodes de combats sont caractérisées par une discipline rigoureuse et une volonté de ne pas accepter la désertion. En juin 1720, il fait preuve d’une implacable force en capturant 26 sloops et 150 bateaux de pêche sur les côtes du Nouveau Monde. Roberts mène aussi des attaques contre des ports comme Saint Kitts, pillant et coulant des navires venus défendre la colonie.
Le combat fatidique qui mit fin à sa carrière se déroule au large du Cap Lopez au Gabon en février 1722. Robert affronte la flotte britannique menée par le capitaine Chaloner Ogle à bord de l’Hirondelle. Sa mort, causée par une volée de boulets de canon, est un tournant décisif qui marque la fin effective de son règne. Son corps est jeté à la mer, conformément à ses volontés, scellant son destin légendaire.
| Bataille | Date | Résultat |
|---|---|---|
| Attaque du convoi portugais | Septembre 1720 | Plusieurs prises, dont un navire chargé d’or |
| Prises en mer du Nouveau Monde | Juin 1720 | Captures massives de sloops et bateaux de pêche |
| Conflit final au Cap Lopez | Février 1722 | Mort de Roberts et capture de la flotte pirate |
Navires commandés par Bartholomew Roberts : symboles du pouvoir pirate
Le choix et la gestion des navires constituent le cœur de la puissance de Bartholomew Roberts. Son navire de prédilection fut le Royal Fortune, connu pour son armement puissant et sa maniabilité, typique des navires utilisés par les pirates pour maximiser à la fois vitesse et force de feu. Roberts commanda également le Fortune, le Good Fortune et plus tard le Ranger.
La flotte de Roberts, constituée de ces bâtiments distincts, lui permit d’étendre son rayon d’action depuis les Caraïbes jusqu’aux côtes africaines. En particulier, le Royal Fortune est souvent étudié comme un exemple emblématique des innovations techniques et tactiques dans la construction navale pirate de l’époque. La capacité de ce navire à soutenir le feu tournant et à manœuvrer rapidement fut déterminante dans sa survie lors des confrontations.
- Royal Fortune : navire amiral, renommé et capturé plusieurs fois.
- Fortune : utilisé dans les premières campagnes de Roberts.
- Good Fortune : navire amiral dans certaines phases de sa carrière, notamment lors des opérations dans les Antilles.
- Ranger : dernier navire commandé, sa perte eut un impact stratégique.
| Nom du Navire | Type | Armement | Rôle |
|---|---|---|---|
| Royal Fortune | Brick | 28 à 52 canons | Navire amiral principal |
| Fortune | Sloop | Moins de 20 canons | Navire de reconnaissance et attaque rapide |
| Good Fortune | Brigantin ou Galion léger | 28 canons | Navire de ligne secondaire |
| Ranger | Brick | 32 canons | Navire de combat durant les campagnes africaines |
La gestion méticuleuse de cette flotte reflète l’importance qu’accordait Roberts à la maîtrise technique des navires, comme les manœuvres, l’armement, et la maintenance qui conditionnaient son succès.
Zones d’activité privilégiées par Bartholomew Roberts dans la mer des Caraïbes et au-delà
Le périple de Bartholomew Roberts l’amena à naviguer principalement dans la mer des Caraïbes, un carrefour maritime stratégique où se concentrent à la fois la richesse des flottes marchandes et la présence constante des forces navales des grandes puissances européennes. Il écuma ces eaux avec une redoutable efficacité, frappant dans des zones comme les Antilles où il s’en prit aux ports comme Saint Kitts et aux navires britanniques et français qui y faisaient halte.
Plus tard dans sa carrière, il traversa l’Atlantique pour s’attaquer à la riche côte africaine, notamment le long des côtes du Liberia et de la Côte d’Ivoire. Cette extension géographique montre l’ambition de Roberts à étendre son empire pirate là où le trafic d’esclaves et de marchandises offrait de nouvelles opportunités de butin. Ses attaques en Afrique occidentale virent plusieurs captures de navires spécialement chargés d’esclaves, une réalité sombre mais intrinsèquement liée au commerce maritime de l’époque.
| Zone | Période | Activité principale |
|---|---|---|
| Mer des Caraïbes (Antilles) | 1719-1721 | Attaques de ports, capture de navires marchands |
| Côte africaine (Liberia, Côte d’Ivoire) | 1721-1722 | Prises de navires négriers et de commerce européennes |
| Atlantique Nord | Déplacements occasionnels | Vente et contrebande du butin pirate |
- Navigation au large de la Martinique, trompant les autorités sous couverture d’activités commerciales licites.
- Utilisation des îles Saint-Barthélemy et Príncipe comme bases réparatrices et refuges temporaires.
- Extension du périple pour inclure le Nouveau Monde et les côtes africaines au profit d’un commerce pirate international.
Légendes associées et héritage de Bartholomew Roberts dans la piraterie
Bartholomew Roberts demeure un personnage entouré de nombreuses légendes, au-delà des faits historiques vérifiés. Il brisa le stéréotype du pirate brutal et négligé. Toujours bien habillé, strict avec ses hommes, adepte du memento mori illustré par son fameux pavillon noir à tête de mort tenant un sablier, il imposa un certain style et un code moral à son équipage.
Son attachement à l’éthique pirate se manifeste dans le code de conduite qu’il rédigea, désormais considéré comme une pierre angulaire de l’organisation pirate, ce même code interdisait, entre autres, de voler la compagnie, de déserter en combat, et sanctionnait durement les fautes graves. Ce code eut un impact durable, servant de modèle à d’autres équipages.
Le caractère raffiné et respectueux affiché par Roberts, notamment son refus d’alcool et la présence régulière de musiciens à bord, dénotent d’une figure hors du commun. Sa mort héroïque fut suivie par la répression féroce contre son équipage, signalant la fin progressive de l’ère dite des grands pirates. L’impact culturel de Black Bart est encore palpable aujourd’hui : il inspire des personnages dans la littérature, le cinéma, et même le jeu vidéo, comme dans Assassin’s Creed IV: Black Flag ou le manga One Piece.
| Aspect | Description | Impact |
|---|---|---|
| Code des pirates | Règles strictes sur la discipline et le partage du butin | Modèle pour d’autres équipages pirates |
| Style et tenue | Manifestation d’élégance et de discipline personnelle | Brise les clichés du pirate indiscipliné |
| Répression post-mortem | Jugement sévère des membres de l’équipage | Fin de l’âge d’or de la piraterie |
| Influence culturelle | Inspiration pour médias, jeux et littérature pirate | Maintien de sa mémoire dans la culture populaire |
Roberts incarne ainsi une figure de transition entre pirate anarchique et véritable chef d’entreprise maritime hors-la-loi. Il a laissé un héritage profond qui nourrit encore les récits et recherches sur la piraterie moderne, ainsi que sur les légendes maritimes associées.
Qui était Bartholomew Roberts ?
Bartholomew Roberts, alias Black Bart, était un pirate britannique actif au début du 18ème siècle, célèbre pour avoir capturé le plus grand nombre de navires pendant l’âge d’or de la piraterie.
Quels navires Bartholomew Roberts a-t-il commandés ?
Roberts a commandé plusieurs navires, notamment le Royal Fortune, le Fortune, le Good Fortune et le Ranger, qui furent essentiels dans ses campagnes dans les Caraïbes et en Afrique.
Quel code de piraterie Bartholomew Roberts a-t-il instauré ?
Il a établi un code pirate stricte régissant la discipline, le partage du butin, et le comportement à bord, pour maintenir l’ordre et prévenir les mutineries.
Comment Bartholomew Roberts est-il mort ?
Il est mort en 1722 au cours d’une bataille navale contre la Royal Navy au large du Gabon, touché par un boulet de canon. Son corps fut jeté à la mer selon ses vœux.
Quelle est l’influence culturelle de Bartholomew Roberts ?
Bartholomew Roberts a inspiré des personnages dans la littérature, le cinéma et les jeux vidéo, contribuant à la représentation moderne des pirates dans la culture populaire.
Jonas Élias Barbeck explore depuis plus de vingt ans l’histoire des pirates, des corsaires français et des grandes routes maritimes de l’âge d’or de la piraterie. Passionné de cartes anciennes, il dévoile des récits authentiques sur les pirates légendaires, les batailles navales, les trésors disparus et les mythes maritimes qui ont façonné la piraterie mondiale.

